Les Entretiens de Ruzi – Chapitre 2

Pour rappeler le contexte de rédaction des « Entretiens de Ruzi » je vous invite à relire l’introduction de ce projet. Bonne lecture !

1. Il faut simplifier et supprimer le superflu. C’est aussi une façon de s’habituer à une condition humble et ne pas se perdre dans la démesure et le luxe ostentatoire.

2. Le Maître détestait la vulgarité et appréciait fortement la discrétion.

3. Le Maître préférait la compagnie de ses aînés à celle de ses cadets.

4. Un disciple du Maître reprit un enfant en lui criant dessus. Le Maître le questionna de la sorte : « – Lui as tu expliqué pourquoi ce qu’il avait fait était mal ?
– Non.
– Comment veux tu alors qu’il comprenne son erreur ? Les jeunes gens sont très influençables et ont besoin de tuteurs pour prendre le chemin approprié. S’ils ne reçoivent pas l’information et l’enseignement sur le comportement à opter, comment peuvent-ils devenir respectables ? »

5. Le Maître était un homme parfois anxieux. Pour y remédier il marchait silencieusement en forêt.

6. Le Maître observait un couple de mariés. Un de ses disciples le questionna ainsi: « – Maître, qu’est-ce que vous considérez comme le plus important dans un mariage ?
– Probablement la complicité. Et toi ?
– La patience.
– C’est très vrai. Peux-tu m’en dire plus sur ce que tu entends par là ?
– Les femmes et les hommes ont des travers différents. L’homme a tendance à être violent et concupiscent, la femme a être ingrate et exigeante. Sans patience, il serait insupportable pour les deux de passer plus d’une année sous le même toit. Sachant qu’ils doivent construire une famille le long de leurs vies, ils vont devoir s’armer de patience.
– Quel discernement ! » S’exclama le Maître.

7. Le Maître avait rédigé les points principaux d’un bon comportement sous forme d’une règle de vie qu’il lisait chaque matin. Brièvement, cette règle était un appel à être avare de mots et à ne pas être esclave des choses extérieures pour être en paix.

8. Le Maître était dur avec un disciple mais très doux avec un autre. Le plus ancien de ses élèves se permit de lui demander la raison. Il répondit : « Le premier est un feu qui consume tout sur son passage, il a besoin d’être recadré de façon diligente. Je ne veux pas que sa force vitale tourne en arrogance. Le second est très réservé et a besoin de se sentir confiant pour avancer, il a besoin d’être rassuré régulièrement. Je ne veux pas briser une bourgeon fragile. Il s’agit de stimuler le bon, et d’atténuer le mauvais intelligemment. Ces deux jeunes gens ont définitivement un potentiel immense. »

9. Violence et Injustice vont de paire. Elles se nourrissent mutuellement.

10. Ceux qui sont avares de mots sont écoutés avec plus d’attention.

11. Le Maître avait horreur des gens qui le sollicitaient uniquement par intérêt. Il y préférait même une discussion légère et un peu superficielle.

12. A la fin de sa vie le Maître ne tolérait plus la foule, ni le bruit.

13. Un disciple demanda au Maître ce qu’est le Yi. Il lui donna cette réponse : « C’est agir avec intégrité et au moment approprié. »

14. A la même question d’un autre disciple il dit : « Tenter autant que possible de ne pas s’écarter de l’idéal moral Confucéen. Et s’y tenir jusqu’à la mort. »

15. Voyant un bâtiment administratif plein de bureaucrates il s’exclama : « Quel triste spectacle. Ces hommes recroquevillés sur leurs tablettes. Obligés d’accepter ce type de travail pour subvenir à leurs besoins et à la survie de leurs familles. À passer plus de temps à ce type d’activité qu’à la lecture, la contemplation ou la vie familiale, comment voulez vous que notre société ne dégénère pas ? »

16. Méfiez vous d’une trop grande culpabilité, cela paralyse l’âme. Veillez plutôt à vous inspecter régulièrement pour comprendre l’origine de vos erreurs.

17. Les individus médiocres ont cette capacité à transformer le pouvoir en tyrannie.

18. Un marchand connaissant le Maître lui demanda : « – Cher ami, selon vous, qu’est ce qu’une vie heureuse ?
– Une vie d’étude, de pratique des vertus et sans regret. Et selon toi ?
– Vivre avec peu et se contenter de la nature.
– Cela aussi est une vie heureuse, mais difficile à assumer! »

19. Servilité et sournoiserie sont proches.

20. Un fidèle de Mozi, curieux de la doctrine du Maître se faufila parmi les disciples. Il lui demanda : « – Mozi, parlait d’utilitarisme. Quel est votre avis à ce sujet ?
– Si la norme est la vertu, le peuple tend à être vertueux. Si la norme est l’utilité, le peuple n’agit que si cela lui est utile. C’est l’exaltation de l’égoïsme que vous provoquez. L’utilitarisme ne doit se limiter qu’aux dépenses publiques : utilisées principalement pour le nécessaire et rarement le superflu. En dehors du domaine matériel, l’utilitarisme est détestable car il pousse les personnes à interagir que par intérêt. Quoi de plus méprisable qu’une personne qui vous adresse la parole uniquement pour arriver à ses fins ?
– Eh bien ! Les Confucéens ne sont pas si hostiles à Mozi qu’on le prétend !
– Si ce qui est dit est juste, qu’importe la bouche par laquelle sort ce propos ? »

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